« Tout à coup, l'on eut dit que tout l'air était devenu vivant et s'était mis à battre de la pulsation infatigable du sang. Là-haut, à Malpais, les tambours battaient. Leurs pieds prirent le rythme de ce cœur mystérieux; ils pressèrent le pas. Le sentier qu'ils suivaient les mena au pied du précipice. Les flancs de l'énorme bateau-mesa les dominaient de toute leur hauteur, cent mètres jusqu'au plat-bord.
– Si seulement nous avions pu emmener l'avion ! dit Lenina, levant les yeux avec colère sur la face nue du roc surplombant. Je déteste la marche. Et l'on se sent si petit quand on est sur le sol au bas d'une montagne. »

Aldous Huxley. Le meilleur des mondes. (trad. Jules Castier)

Dans le cadre de la 7e Biennale nationale de sculpture contemporaine de Trois-Rivières: Le meilleur des mondes, ce passage du roman Le meilleur des mondes (Aldous Huxley) lors duquel Bernard et Lenina sont chez « les sauvages » a particulièrement attiré mon attention. Le paysage vertigineux, à la fois mystérieux et sublime qui y est décrit fait figure de contraste absolu avec la réalité habituelle des protagonistes. Dans leur « meilleur des mondes », tout est organisé, standardisé, et la tragédie y est inexistante. Mon intention pour la Biennale est de « reproduire » visuellement l'effet de contraste entre les deux mondes en réalisant une installation où le paysage fonctionne comme une apparition fantasmatique, une fuite vers l'imaginaire, une porte de sortie pour échapper aux contingences parfois aliénantes des aléas du quotidien.


​Tentative d'évasion, 2016, film polyester translucide, lampes à DEL, lecteur mp3, haut-parleurs, table, chaise, objets et matériaux divers, tables tournantes, 365 cm X 259 cm X 333 cm. Son: Kerim Yildiz   


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“Suddenly it was as though the whole air had come alive and were pulsing, pulsing with the indefatigable movement of blood. Up there, in Malpais, the drums were being beaten. Their feet fell in with the rhythm of that mysterious heart; they quickened their pace. Their path led them to the foot of the precipice. The sides of the great mesa ship towered over them, three hundred feet to the gunwale.
– I wish we could have brought the plane,” said Lenina, looking up resentfully at the blank impending rock-face. “I hate walking. And you feel so small when you’re on the ground at the bottom of a hill.”
Aldous Huxley. Brave New World

As part of the 7e Biennale nationale de sculpture contemporaine de Trois-Rivières: Le meilleur des mondes (Brave New World), this passage from the novel "Brave New World" (Aldous Huxley), in which Bernard and Lenina are with "the savages", caught my attention. The breathtaking landscape, both mysterious and sublime, which is described, makes an absolute contrast with the usual reality of the protagonists. In their "brave new world", everything is organized, standardized, and the tragedy is inexistent. My intention for the Biennale is to "reproduce" the visual contrast between the two worlds by building an installation where the landscape functions as a fantastical apparition, an escape toward the imagination, a way out to escape the alienating contingencies of everyday hazards.


Tentative d'évasion, 2016, translucent polyester film, LED lamps , MP3 player, speakers, table, chair, various objects and materials, turntables, 365 cm X 259 cm X 333 cm. Sound: Kerim Yildiz


Volcan,  2016, film polyester translucide, lampe à DEL, objets et matériaux divers, 155 cm X 259 cm X 92 cm.

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Volcan, 2016, translucent polyester film, LED lamp, various objects and materials, 155 cm X 259 cm X 92 cm.

Tentative d'évasion 


CATHERINE BOLDUC